REPÉRER UN ENFANT INTELLECTUELLEMENT PRÉCOCE POUR MIEUX L’ACCOMPAGNER :

L’importance d’un diagnostic

Qu’est ce qu’un enfant intellectuellement précoce (EIP) ? 

C’est un enfant qui a un rythme de développement intellectuel très en avance par rapport aux autres enfants et, surtout, qui a un fonctionnement et des aptitudes intellectuelles particulières. En effet, un EIP n’est pas seulement quantitativement plus intelligent, il dispose d’une forme d’intelligence qualitativement différente.  Néanmoins, son développement affectif, moteur et relationnel, se trouve dans la norme pour son âge.

L’EIP, dans le champ intellectuel,  fait ses acquisitions plus rapidement et différemment des autres enfants de son âge, il a accès à certains types de pensées avant l’âge habituel. Ce qui inclut un mode de fonctionnement  intellectuel et psychique particulier.

Les EIP se retrouvent dans TOUS les milieux sociaux.

Quelques chiffres : 

  • Les surdoués représentent 5% de la population totale.
  • Il n’y a pas de différence significative entre le nombre de filles et de garçons EIP.
  • Selon une étude publiée dans le Quotidien du Médecin du 22 février 1999, menée auprès de 145 surdoués sur une période de 10 à 20 ans, il apparaît que ces enfants ont vécu un cursus chaotique : 40% d’entre eux ont atteint ou dépassé le bac+2, 9% se sont arrêtés au bac et 43 % ont eu un BEP ou un CAP.  50% des EIP détectés n’auront pas le bac et feront des études en rapport avec leurs capacités exceptionnelles.
  • 45% des EIP redoublent.
  • En 2003, 20% des adolescents hospitalisés en psychiatrie à l’Hôpital de La Timone, à Marseille, étaient surdoués.

Comment détecter/ identifier un EIP :

Avec un test de QI supérieur à 125 et des caractéristiques cliniques.

Les tests de QI :

Les tests les plus couramment utilisés sont ceux de WECHSLER qui existent sous trois formes en fonction de l’âge :

  • WPPSI (« Wechsler Preschool and Primary Scale of Intelligence ») : elle existe sous deux formes distinctes : A partir de 2 ans 6 mois à 3 ans 11 mois, et de 4 ans à 7 ans 3 mois.
  • WISC (« Wechsler Intelligence Scale for Children ») : A partir de 6 ans jusqu’à 16 ans 11 mois.

La WISC 4 comprend 4 indices :

L’indice de compréhension verbal (ICV),

L’indice de raisonnement perceptif (IRP),

L’indice de mémoire de travail (IMT),

L’indice de vitesse de traitement (IVT).

  • WAIS (« Wechsler Adult Intelligence Scale » : A partir de 17 ans.

Les 2/3 de la population ont un QI compris entre 85 et 115.

5% ont un QI égal ou supérieur à 125.

2,3 % ont un QI égal ou supérieur à 130.

0,1 % ont un QI égal ou supérieur à 145.

Caractéristiques cliniques d’un EIP :

Un EIP n’est pas seulement un enfant quantitativement plus intelligent, il a également un fonctionnement différent.

Il est important de reprendre une anamnèse (histoire de vie) approfondie avec les parents lors d’un entretien préliminaire afin de pouvoir observer les caractéristiques cliniques essentielles à l’établissement d’un diagnostic.

– Type de pensée : 

Pensée en arborescence :

– C’est une pensée en réseau, qui se déploie dans plusieurs directions simultanément, à grande vitesse et sans limites. C’est une source importante de créativité mais elle rend difficile la sélection de l’information pertinente, et l’organisation de la pensée.

– C’est une pensée qui s’active de façon globale par analogie et intuition. C’est une source de compréhension des choses extrêmement riche, car l’enfant les perçoit d’emblée (mémoire photographique). Mais elle peut rendre difficile l’adaptation scolaire qui demande de développer son raisonnement en l’argumentant.

– C’est une pensée qui a besoin de sens, et, nous observons, parfois, des blocages d’apprentissages lorsque les connaissances leur paraissent trop simples, pas assez stimulantes. Au quotidien, nous pouvons observer une remise en question constante des règles et normes établies pour satisfaire leur quête constante de sens. Ce qui peut désarçonner les parents et les proches.

– C’est également une pensée qui intègre l’affectif. C’est alors une source d’apprentissage très puissante, mais, à l’inverse, elle peut être source d’une frustration, de comportements excessifs, voir d’une intolérance envers la personne enseignante qui ne trouve pas d’estime à ses yeux en termes de pédagogie ou de comportement.

Cerveau gauche/ Cerveau droit :

Dans nos sociétés occidentales, l’hémisphère gauche est souvent le plus sollicité, surtout à l’école.

Les caractéristiques cognitives du fonctionnement intellectuel de l’enfant surdoué plaident en faveur d’une dominance hémisphérique à droite.

Cela explique, en partie, les difficultés rencontrées à l’école. Notamment, à partir du collège où l’on demande une méthodologie avec un raisonnement séquentiel.

 

Le cerveau gauche : cerveau logique Le cerveau droit : le siège des émotions
Traitement séquentiel des informations Traitement global des informations
Raisonnement/justification Intuition
Rationalisation, pensée argumentée Créativité

 

 

– Fonctionnement psycho affectif : 

Hypersensibilité : Les EIP sont constamment connectés à leurs environnements affectifs. Ce sont des enfants pour qui les 5 sens (ouïe, vue, touché, odorat, goût) sont particulièrement exacerbés. C’est comme si ils étaient en permanence connectés au monde et à leurs environnements. Ce qui explique les réactions parfois disproportionnées des EIP face à des situations qui peuvent paraître anodines.

Empathie : Etant constamment connectés à son environnement, ce sont des enfants qui repèrent et ressentent avec une grande finesse l’état affectif de son entourage.

Le sens de la justice : les EIP ne supportent pas les situations d’injustice de façon exacerbée.

La lucidité : l’EIP porte un regard très lucide sur le monde et sur lui-même.

– La dyssynchronie : cela correspond à un développement hétérogène (qui ne se développe pas à la même vitesse) chez les EIP (observés par J.C TERRASSIER).

Interne : – Décalage entre le développement intellectuel et psychomoteur (observé notamment au niveau de l’écriture).

– décalage au sein du développement intellectuel (observé entre les différents subtests et indices dans les tests de QI).

–  décalage entre intelligence et affectivité (intelligence qui donne accès à des informations anxiogènes car le niveau affectif, normal pour son âge, ne lui permet pas de les assimiler de façons économiques).

Sociale : – à l’école, l’EIP a des acquisitions et des questionnements en décalage avec les autres enfants de son âge : il devient distrait pour échapper à l’ennui et ne s’intéresse qu’aux tâches complexes. Les résultats lui apparaissent de façon intuitive, et il lui est donc difficile de développer un raisonnement car il n’arrive pas à repérer le processus qui aboutit à la solution.

pour les parents qui peuvent rencontrer des difficultés à avoir un dialogue qui s’accorde à la fois avec le niveau intellectuel, et à la fois avec le niveau affectif de l’enfant.

– avec les autres enfants,  l’EIP peut rencontrer de grosses incompréhensions qui peuvent mener à un rejet massif du groupe et à une autodépreciation de l’EIP.

Comment reconnaître un EIP : 

  • apprend à parler vite et bien (pas de langage bébé),
  • grande curiosité,
  • sensibilité à l’injustice,
  • en avance dans son évolution par rapport aux enfants de son âge,
  • grande imagination,
  • n’aime pas apprendre bêtement, les tâches répétitives et routinières,
  • grand sens de l’humour,
  • manifestation de l’envie d’apprendre seul, notamment la lecture avant le CP,
  • aime les jeux compliqués,
  • grande créativité,
  • change souvent de centre d’intérêt, se passionne pour un sujet puis l’abandonne pour un autre, préfère la compagnie des adultes ou des plus grands que lui,
  • a l’impression de perdre son temps : l’ennui peut se manifester dès la maternelle,
  • contraste entre un raisonnement en avance sur son âge et un comportement régressif, « bébé ».

Bien évidemment, chaque EIP, comme chaque individu, est singulier. Tous ces éléments ne se manifestent pas forcément tous ensemble, mais plusieurs peuvent faire penser à une précocité. 

Il existe autant de profils qu’il y a d’EIP !!!

CONCLUSION

Nécessité d’un diagnostic pour :

Au vu des différents points abordés ci-dessus, il paraît alors essentiel de détecter les EIP. Non pas dans le but de former une élite ou de « mettre une étiquette », mais dans le but, avant tout, de comprendre ces enfants afin qu’ils évoluent plus sereinement en étant accompagnés de façon adaptée.

COMPRENDRE : 

  • le fonctionnement de son enfant pour les parents,
  • son fonctionnement et mieux se connaître pour les EIP,
  • les comportements, la façon d’apprendre (difficultés scolaires, problèmes d’adaptation avec les autres enfants) et adapter sa pédagogie pour  les enseignants.

EVITER L’EFFET PYGMALION NÉGATIF :

L’EIP non identifié est incité à se conformer aux attentes : des instituteurs (professeurs), de ses parents, de ses camarades, il est inconscient de ses possibilités et se fonde sur l’image de lui-même que lui renvoie son environnement. Les attentes sont d’autant plus faibles que l’enfant est issu d’un milieu culturellement défavorisé (d’où l’importance de l’école pour les repérer et adapter sa pédagogie dans le but d’une égalité des chances !!!!!!!).

Il se conforme alors à la norme, en s’imposant une contrainte interne qui est une barrière à l’expression de son potentiel.

Le danger est que l’EIP renonce à ses aptitudes, cela dans une tentative de normalisation, dans un effort non conscient de re-synchronisation.

MIEUX LES ACCOMPAGNER EN : 

  • L’identifiant tôt afin de prévenir les désordres psychologiques et l’échec scolaire,
  • Comprenant et en acceptant ses particularités pour répondre aux besoins psychologiques fondamentaux de l’enfant.
  • Le stimulant intellectuellement pour qu’il mette en œuvre sa créativité.
  • Lui donnant le sens, de l’effort, de l’organisation, d’acquérir une méthode de travail, d’exercer sa mémoire,
  • Satisfaisant son insatiable curiosité,
  • Adaptant la pédagogie au niveau scolaire et/ou en accordant un saut de classe quand cela est nécessaire.

Donnons la possibilité aux EIP de s’épanouir, en les reconnaissant, en respectant leur rythme,  car ce sont des conditions essentielles au bien-être.

Le 12 mai 2015,

Kelly JEANMAIRE

Psychologue Clinicienne agrée par l’AFEP

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